A ne pas confondre avec le haïku de nouveau-né qui serait plutôt du style
Arh
Heu
Brr
Dans un souci d’informer les nullipares, je souhaite les prévenir que durant un court laps de temps post accouchement, elles seront presque toutes atteintes d’un syndrome que j’appellerais la Hariboïsation (ou Marshmallowitude en anglais). Ce syndrome se traduit par les symptômes suivants : glandes lacrymales incontrôlables, sourire figé, épanchement sentimental ou appel téléphonique journalier à sa mère. Je vous rassure, la situation se rétablit d’elle-même au bout de quelques semaines (en cas d’affection de longue durée n’hésitez pas à consulter un médecin).

Dans mon cas je profite sans honte de cette période propice au tout et n’importe quoi pour laisser vagabonder mon moi poétique et composer de magnifiques haïkus en hommage au petit homme.
Rote
Chie
And Love
Trois heures
Quatorze heures
Rien ne bouge
Cordon coupé
Je m’attache
Lui
Moi
La lune nous sourit
Il a neigé
J’ai enfanté
Mes défenses sont tombées
Un petit concours de Haïkus pour nouveau-né dans les commentaires ? Qui va oser ?
Et un haïku de La Ch’tite :
Il est né l’exquis enfant
Pleure salé heureuse Maman
Et un haïku de Laure K. :
Perdre d’ un coup un pied
Et accueillir un nouveau membre
Le 28 janvier 2010, vers 12H30
Je m’appelle J. et je suis né depuis quelques minutes. J’ai été placé dans les bras d’une dame qui s’est écrié « Mon fils !« , j’en déduis donc que c’est ma mère. J’ai beau avoir fait le plus long voyage de mon existence, elle a l’air bien plus épuisée que moi : on peut se demander ce qu’elle a pu faire de si éprouvant avant d’aller au rendez-vous le plus important de sa vie c’est à dire celui avec son fils, c’est à dire avec moi quand même. Mais je ne lui en tiendrais pas rigueur, elle sourit pour le moment et vu ce qu’elle devra sans doute supporter de ma part durant les prochaines années, je peux bien lui pardonner d’avance.
Elle a l’air cool et pas trop désagréable à regarder, c’est déjà ça. Avant elle, j’ai fait la connaissance d’une autre dame et j’ai eu vraiment peur que ce soit elle ma mère mais c’était une sage-femme (note pour (beaucoup) plus tard, les femmes sont sages). Heureusement je ne suis pas encore capable de dire maman sinon y’aurait eu embrouille dès le départ. J’ai un an pour m’y faire à ce langage bizarre, je ferais bien de réfléchir dès maintenant à ce que je vais dire en premier. Pourquoi pas Maman tiens ?
Ce fut une découverte tout à fait fortuite mais également douloureuse : mes orteils sont doués de parole (et de mauvaise foi).
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J’aurais du me douter qu’un jour ou l’autre les orteils allaient ourdir un complot car ne les affectons-nous pas d’une réelle indifférence, d’un vil mépris, d’un incommensurable dédain ? Car tout le monde connait le nom de chacun de ses doigts de la main mais y’a t-il seulement une personne parmi vous qui sache le nom de ses doigts de pied ?
Non ! Et pour cause ! Personne ne s’est jamais penché sur le sujet. Alors qu’il est à nos pieds.
Pour faciliter la compréhension du récit, nous nommerons donc mon deuxième doigt de pied Nigos Alliagas (rapport qu’il est grec). Ainsi hier Nigos que j’imaginais complétement niais – pardon je voulais dire muet – a finalement donné de la voix.
- B*** de M**** ! Fais Chi** ! Fais Chi** ! Fais Chi** !
Hou qu’il est grossier ce doigt de pied !
- Bande de Knackis puants ! Et la priorité alors ? C’est encore le gros qui a forcé le passage ! Dis le poids lourd de la voute plantaire, t’as pas vu qu’on fonçait ongle baissé sur la chaise haute de p’tits petons ? Ah j’ai mal ! Je me meurs ! On peut dire que je suis verni avec ces pieds nickelés autour de moi ! Je ne veux qu’une chose : qu’on m’enterre dans du Chanel Rouge Noir …
Passée la surprise de découvrir que mes orteils pouvaient s’exprimer, j’ai cru que Nigos exagérait et que s’être ainsi tu pendant tant d’années le rendait forcément exubérant. A deux heures du matin, je pris la pointure du désastre.
Moi : Oh Nigos ! Tu peux arrêter de pleurnicher, j’arrive pas à trouver le sommeil à cause de toi !
Nigos : J’ai jamais été aussi déprimé que le jour où on m’a mis dans des Crocs. Regarde comme je suis bleu et je crois bien que je suis en train de perdre l’ongle. Je vis mes dernières heures j’en suis sur, je vois pleins de petites étoiles autour de moi !
Moi : Non, ça c’est le motif de la housse de couette. Bon d’accord, tu m’as convaincue. Demain j’appelle le médecin.
Le verdict est sans appel : mon orteil est un casse-pied.
Quand on voit les ravages que peut faire la vision d’une paire de Manolo Blahnik ou de Chie Mihara (rien à faire, je m’y ferais jamais à cette marque) sur une jeune femme totalement saine d’esprit telle que moi (si, si), une personne de sexe féminin qui a pourtant porté tout le temps de son enfance des chaussures anodines voire des baskets sans importance (même pas avec les trois bandes, c’est pour dire), on ne peut que s’inquiéter pour la santé mentale de la pauvre Suri Cruise.
Honnêtement le talon d’Achille de Suri (de Suri mais d’Achille aussi, j’avoue que je m’y perds moi-même), on s’en fiche un peu ! Ce qui est vraiment grave, c’est l’addiction inéluctable que cela va engendrer ! 2 centimètres de talon à trois ans, ça veut dire é centimètres de bon sens à 30 ans à la vue d’une paire de « Loubou » (oui, on dit « Loubou » maintenant. Même moi je le sais). Tout cela finira (mal) dans un centre de désintoxication où on lui injectera du jus de chaussette en perfusion jusqu’à ce qu’elle consente à porter de la charentaise au moins un 1/4 d’heure par jour. Je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée émue pour cette toute petite personne innocente qui plus tard sera sujette à des crises d’angoisse pour cause de penderie non réglementaire (disons moins de 500 paires de chaussures). Bon, émue mais jalouse un peu aussi. Soyons pas hypocrite.

Pour autant n’imaginez pas que je vais obliger ma propre fille à traîner ses guêtres dans d’immondes godillots. Sans pour autant la suriser, j’aime que ma fille partage mon amour du panard que nous avons toutes deux fort joli et mignon. Il serait donc criminel de ne pas mettre en valeur l’adorable peton.
J’ai trouvé trois modèles actuellement en vente à La Halle Aux Chaussures qui pourraient très bien convenir à mon porte-monnaie, ne pas sacrifier au style et faire de Suri la meilleure amie de ma fille.
1. Le modèle « Courchevel, me voilà ! »
2. Le modèle « Tes bottes, mon pote, elles me bottent »

Au final, le talon de Suri n’arriverait pas à la cheville de ma fille.
Un problème de nénés va bientôt se poser et je vous prie de me croire que c’est pas du bonnet A cette affaire.

C’est revenu sur le tapis cet après-midi lors d’une discussion avec une jeune maman.
-Et tu veux allaiter ou pas ?
- Si on me donne le choix entre la chaise électrique et l’allaitement, j’espère juste que ce sera pas trop douloureux ni trop long comme mort tu vois.
- Bon, ben sois forte et te laisse pas faire parce qu’il y a des ayatollahs de l’allaitement dans ta maternité !
C’est la dernière ligne droite, celle qui clôt une longue traversée de 6 mois (normalement les trois premiers mois, avec un peu de discrétion, on est peinards) pendant laquelle des femmes viendront vous demander si vous souhaitez allaiter, et après avoir fait répéter votre NON plusieurs fois, passeront à la question qui fait mal :
« Et pourquoi tu veux pas allaiter ? »
Ce qui, du domaine de l’intime, reviendrait à :
« Et pourquoi tu veux pas faire de l’échangisme ? » (ou toute autre pratique sexuelle qui relève selon moi de la sphère privée)
Entendons-nous bien (et comme j’ai fait mon RDV de médecine du travail il y a peu, je sais que de mon côté, les écoutilles fonctionnent) : ne pas vouloir allaiter ne signifie pas que je suis contre l’allaitement, c’est juste que c’est pas pour moi. Point.
Inutile de revenir sur toutes les raisons qui peuvent pencher pour la décision de ne pas allaiter car il y a peut être autant de raisons qu’il existe de mères. Même celles qui allaitent ont bien conscience que tout n’est pas rose sur le mamelon. Pourtant, à force de vouloir inverser la tendance de « la France, le pays du fromage mais pas du lait maternel », il y a parfois des discours qui ne laissent place qu’à la toute suprématie de l’allaitement. On a encore eu l’exemple avec Laetitia Casta la semaine dernière dans le Elle « Pour moi, l’allaitement est un cadeau qu’on fait au bébé, mais aussi à soi-même. ».
Bon, OK, Laetitia, ça veut donc dire que moi je fais pas de cadeaux à mon bébé ? Voyez à quel point une femme au raisonnement d’habitude si pertinent comme moi devient complètement hystérique et irrationnelle dès lors qu’elle est enceinte et qu’on lui parle de sa future maternité.
Une femme enceinte est une grenade dégoupillée dont on ne connaît pas le moment de l’explosion.
Si Laetitia Casta arrive au travers d’une interview à me culpabiliser, imaginez mon calvaire lorsque j’entrerais à la maternité et qu’il me faudra proclamer à chaque sage-femme que « non, merci, je ne souhaite pas allaiter ». En plus de ma valise, je vais donc devoir fournir une liste d’arguments longue comme la Muraille de Chine sur mes raisons de mon non-allaitement. J’imagine les raisons les plus convaincantes comme « les extra-terrestres m’ont enlevé et mon lait est depuis bourrée d’uranium » ou « ne le dites à personne mais en vrai, je suis un homme ». Ça donnerait presque envie d’aller accoucher dans la forêt ou au rayon lait maternisé d’un supermarché (pour le côté pratique)
Une chose qui devrait les rassurer quand même : je veux bien donner le biberon (je précise, si quelqu’un avait le moindre doute).
Pendant quelques jours j’aimerais devenir un super héros pour braver la tempête lactée :
« Je suis Kirikou, celui qui sait ce qu’il veut ! Et je veux savoir pourquoi vous voulez me forcer à allaiter ! »
Donc, par avance, ceci est un appel à toutes les sages femmes de France et de Navarre :
Laissez-moi mes nénés
Laissez-moi
Laissez-moi mes nénés
Mes nénés en liberté tout l’été
Aller jusqu’au bout du rêve
Sans être crispée
Si je me teins en rousse et que je louche, ça passera mieux vous croyez ?

A cette époque on savait se marrer
Pendant des années mon règne fut incontesté. Et pourtant, bonne pâte, je remettais mon titre en jeu chaque année. Et chaque année, le verdict du peuple était sans appel : Tu es notre reine !
Faut dire que la concurrence y’en avait pas à la pelle (à tarte) : la comtesse, ma soeur, a bien tenté quelques coups d’état mais je m’arrangeais toujours pour avoir le dernier vote et ainsi conserver la couronne.
Tout allait pour le mieux dans le meilleur des royaumes. Je pouvais contempler en toute quiétude mes terres, mes sujets et m’entretenir avec Dieu d’égal à égal.
Mais le destin d’une reine n’est-il pas hélas de finir mal voire très mal ? Et c’est pas Marie-Antoinette qui va me contredire !
Cette année la dauphine, haute comme trois pommes, m’a coupé la tête en s’écriant : « Ouais !! J’ai gagné ! Je suis la reine !«
Je vous laisse, je fuis à Navarre avant que les choses ne se gâtent.
Nous voici donc au premier jour des soldes, je veux dire le premier jour des combats. Psychologiquement cette journée est très importante pour le moral, c’est là que tout va se jouer : sortir glorieux ou non de cette première bataille.
C’est pas le soldat rose je te préviens, à côté de ça Rambo a des airs de Candy.

Soignez votre équipement. Un bon soldat des soldes est un soldat sur de son paquetage, griffé si possible. On va passer rapidement sur la carte de crédit, le fusil du soldat des soldes, ainsi que sur le liquide indispensable. Si la carte de crédit s’enraye, on ne sait jamais. Pour survivre à cet enfer, on ne saura trop vous conseiller un petit encas comme un sandwich. Et là, petite astuce de derrière les fagots, je le choisirais au saucisson à l’ail. Ca peut faire fuir l’ennemi. Une lime à ongles ne sera pas de trop, elle pourra prévenir les petits accros dus à l’inspection du bac des bonnes affaires. Et vous les taillerez en pointe si possible (si en plus on peut infliger des dégâts à l’ennemi). Se munir d’un sac à dos qui sera solidement arnaché pour enfouir vos trouvailles et au passage, filer quelques coups discrets à l’ennemi. On appelle ça « l’attaque par le vide ».
Soignez votre moral. On ne le répètera jamais assez : tout est dans la tête ! Avant de foncer dans l’arène, répétez cette phrase : « Je suis une killeuse des prix. Et vous êtes toutes des -70 % ! » Un petit plus qui ne pourra pas faire de mal (du moins à vous) : écouter Eye of the Tiger avec son lecteur MP3. Cela fera de vous une Invincible !
Soignez votre tenue. Si vous êtes une débutante, que vous n’avez pas encore gravi les échelons, optez pour une paire de baskets en fin de vie, une paire dont vous ne craignez pas l’écrabouillage. Par contre, si votre grade le permet, osez le talon aiguille, celui qui ne fera qu’une seule bouchée de la basket pourri. A l’armée, on dit qu’on « pilonne ». Côté vêtement, il faut savoir éviter le piège de la cabine d’essayage. Erreur de débutante que de vouloir passer par la case cabine d’essayage ! Je suggère donc une tenue appelée « Camouflage de portant », un ensemble débardeur et leggings sur lequel vous pourrez enfiler tous les articles possibles sans sortir du portant. Prévoyez tout de même une doudoune car rappelez-vous qu’il s’agit de la campagne d’hiver et que les écarts de température entre le bourbier des magasins et la traversée des champs (elysées ou non) peut être fatal.
Que la force du rabais soit avec vous !
Hier j’ai lu un livre (entre 2 et 4 heures du matin), ça s’appelle « Eloge de la pièce manquante »

J’ai appris à aimer les puzzles avec ma ou alors l’enfant est-il attiré par les pièces de ce jeu ? C’est vrai que les enfants l’ordre et remettre en place ce qui a été. Peut être sommes-nous tous des enfants de la ? Aussi loin que je me, personne ne m’a jamais fait remarqué qu’il détestait le puzzle ? Ca doit vouloir quelque chose mais quoi ? Il nous manque un élément (ou).
L’Eloge de la pièce manquante est comme le puzzle d’un tableau, par exemple La Joconde. Il s’agit bien de La Joconde mais ce n’est pas non plus La. Le roman est un thriller qui n’en est pas un, il y mais n’essayez pas de le comme tel, vous seriez déçus. Disons que ce n’est que la bordure du puzzle, l’aspect le plus.
L’Eloge de la pièce manquante est un puzzle. Je ne vous dis rien mais je vous dis tout en même. Disons que vous avez en main toutes les pièces avec cela, reste à les.
Antoine Bello est un mystificateur, que ce soit avec ce ou avec Les Falsificateurs. Je le range avec Tonino Benacquista, autre conteur moderne. Tous deux ont intégré dans leurs romans une narration proche des séries télé. Les temps morts sont, les temps pleins sont. Si vous n’êtes pas très fort en apnée, évitez ces ! Sinon, suivez le c’est à dire moi.
Oh ! Les pièces manquantes !
mère instinctivement aiment dérangé pièce souvienne dire plusieurs célèbre Joconde ressemble prendre facile temps assembler morts pleins gentlemans roman modèle
Retour d’une rubrique controversée mais néanmoins passionnante, j’ai nommé l’Achtung Contemporain. Pour ceux et celles qui auraient raté cette excellente chronique (je n’ai pas peur de le dire), je rappelle qu’il s’agit de soumettre à mon oeil aiguisé et à votre temps de cerveau disponible une oeuvre contemporaine afin d’en faire une analyse pointue et constructive. Et tout cela pourquoi me direz-vous ? Pour éviter de sortir par ce temps de merde et économiser le prix d’un billet d’exposition. Considérez-moi donc comme une Robin des bois moderne, féministe et cultivée pour rester modeste.
1 Vision

2 Impressions
Si vous êtes déjà allé au Musée Grévin, vous avez peut être regretté, comme ce fut le cas pour moi, l’incapacité de la cire à se faire oublier. Dans cette œuvre, que j’ai vue de mes propres yeux (fallait mieux, sinon je marchais dessus), la « poupée » ou « statue » (comment dire en fait ?) est tellement criante de vérité qu’on serait tenté dans un premier réflexe de venir porter assistance à cet homme en train de s’écrouler. Remarquez bien que je dis homme et non pas pape, ceci a son importance car c’est le premier commentaire qui me vient à l’esprit en en étant confronté à cette œuvre : dans cette posture fragile, à terre, finalement le pape n’est ni plus ni moins qu’un homme ordinaire et ce n’est pas parce qu’il est pape qu’il ne risque pas de se prendre une météorite en pleine poire (même si j’en conviens,on voit pas ça tous les jours).
Dans le même temps on se doute bien que l’artiste n’a pas pris ce personnage au hasard, surtout qu’il lui a gardé toutes ses attributs vestimentaires. On peut donc en conclure qu’au travers de Jean-Paul II, c’est plutôt la fonction papale qui est visée. Alors pourquoi l’auteur de la Nona Ora a décidé que la papauté méritait de se faire « météoriter » la face ? Soit Maurizio Cattelan croit en l’Eglise et son œuvre s’apparente alors à une espèce de justice divine (Dieu depuis le ciel a pris sa raquette à météorites et il l’a pas loupé) soit Maurizio Cattelan ne croit pas en l’église et la Nona Ora serait alors une bonne blague, comme une devinette du style « Quel est le comble pour un pape ? Se retrouver sous une météorite ». A quoi bon croire en un Dieu dans ce cas-là ? (je vous le demande). Il y a aussi un coté risible dans l’histoire, un peu comme un gag d’Astérix et Obélix : les dieux lui sont tombés sur la tête ! Finalement est-ce que Maurizio Cattelan ne se paie pas la tête de l’Eglise ?
3 Explications
Si vous avez un minimum de culture religieuse (pas comme moi donc) vous savez que la nona ora, la neuvième heure, est celle de la mort du Christ. Dans les grandes lignes nous voilà donc devant une œuvre symbolisant la fin du catholicisme ou du moins son déclin inévitable : quelque part je dirais « c’est pas un peu du réchauffé tout ça ? »
Maurizio Cattelan est un artiste contemporain italien apparemment connu pour son goût de la provocation. A mes yeux cette sculpture ne me paraît pas excessivement provocante et pourtant à Varsovie où elle fut exposée, le scandale fut grand à tel point que la directrice du musée fut limogée. Est-ce qu’une oeuvre contemporaine jouant sur la provocation n’est pas fatalement destinée à devenir ringarde ? Car si la société se libère peu à peu de ses préjugés, l’oeuvre elle reste ancrée dans une époque qui se meurt. Aujourd’hui la Nona Ora se laisse regarder sans tragédie, elle a perdu son goût sulfureux. En 1999, cette oeuvre valait 80000 $, en 2004 elle fut vendu 3 millions de dollars : c’est ce que j’appelle un bon investissement (si on dispose de .80000 $ au départ). Pas sur qu’elle en vaille autant aujourd’hui !
PS : si vous avez des oeuvres ou des artistes à me proposer, je suis toute ouïe !
Ce n’est pas parce que je n’ai pas été invitée aux fameuses soirées du préfet que je n’ai pas mon mot à dire sur l’identité nationale.

Partons donc du postulat que quelqu’un soit venu chez moi me poser la question : « Pour vous, qu’est-ce qu’être français ? ». Le temps que je mette pause sur l’épisode de Sex and The City maté, je l’inviterais à s’assoir sur des coussins de sol japonais pour déguster un thé anglais et des cupcakes sur ma table suédoise, le temps que je rassemble mes idées sur l’identité du français :
« Ouaich Cousin, Z’y va ! J’te fais ma liste sur c’est quoi être français ! » (on est à l’oral, faut se détendre)
- Gueuler en voiture
- Ne pas être capable de respecter une file d’attente
- Etre imbuvable avant sa tasse du café le matin
- S’étonner que les gens ne parlent pas NOTRE anglais en dehors de nos frontières : « Sorry, what … what is the direction for the hotel in Le Guide du Routard ? You don’t know the Guide ? Rhoooo ! «
- Sur consommer des antidépresseurs
- Cuisiner au beurre
- Croire qu’il a toujours la meilleure équipe de foot au monde (avec des joueurs d’Arsenal ou du Milan AC), la meilleure bouffe du monde (les hamburgers au foie gras), les meilleurs vins du monde (le beaujolais nouveau) et les plus belles femmes du monde (Monica Bellucci)
- Entretenir sa réputation de Dom Juan mais en plus distingué que l’italien
- S’énerver contre la télé et dire des gros mots devant le journal télévisé
- Elire des gens qu’on passe son temps à critiquer parce qu’ils « sont tous pareils ! »
- S’emmerder le dimanche
- Estimer qu’on paye trop d’impôts
- Continuer à réclamer des sacs plastiques à la caisse des supermarchés
- Ne jamais être satisfait de ses administrations et autres secteurs considérés comme publics même quand ils ne le sont plus (la poste, l’EDF, la SNCF, la RATP, etc.)
- Faire l’hôpital qui se moque de la charité en critiquant les italiens d’avoir élu Berlusconi
- Ne pas ramasser les crottes de son chien
- Se plaindre des RTT pendant son week-end de trois jours à Center Parc
- Considérer que les professeurs de ses enfants sont des abrutis parce que nos enfants ne peuvent être intelligents car faits à notre image (tu vois le cheminement intellectuel)
Pour résumer je dirais qu’être français, c’est être un champion, un champion du chauvinisme, de la mauvaise foi, de la mauvaise humeur,du mauvais caractère et du sans-gêne. Heureusement pour nous (et n’essayons surtout pas de percer le mystère, ça pourrait le détruire), les autres, c’est-à-dire les non-français, nous adorent.
Ca doit être ce qu’on appelle le charme français !





