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Mes chers voisins …

janvier 24, 2013
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Entre vous et moi, il y a un mur d’incompréhension. Pour être précise, un mur de briques de 2,5 cm.

Je me rends bien compte que ces barrières entre nous ne facilitent guère la communication, ce qui, d’un autre côté, légitimerait les bienfaits de l’open space au niveau professionnel. Peut être devrions étendre cette distribution de l’espace dans la sphère privée.

En attendant ce jour, je suis bien obligée de deviner, plus que de comprendre, les signaux que vous m’envoyez sur votre existence cloisonnée.

Je m’adresserais d’abord à ma voisine de gauche car je suis certaine qu’elle lit ce blog. Comment expliquer autrement que me parvienne ainsi votre rire tonitruant à longueur de journée ? Bien que je me sente flattée, j’aimerais que vous reconsidériez vos heures de passage sur ce blog, de façon à ce que ne coïncident pas ma lecture de Saint Augustin avec votre lecture de Demeninges.

Je passerais ensuite au jeune du 1er étage. J’avoue ne pas saisir votre besoin d’écouter en boucle La Bohême. Peut être cela reflète t-il votre état d’esprit du moment mais dans ce cas, permettez-moi de vous dire que se sentir proche de La Bohême alors que l’on habite un coquet appartement avec portail de sécurité et jardin privatif relève du non-sens et même du foutage de gueule. Et honnêtement, la Bohême est une chanson que les moins de 20 ans ne devraient pas connaître. Est-ce à moi de vous rappeler que vous avez Booba et Rihanna pour épancher votre peine ? A moins que vous ne soyez atteint de la même maladie que Benjamin Button, ceci expliquerait à la fois vos goûts musicaux et le volume sonore utilisé.

Enfin, je me dois de terminer avec ma voisine du dessus. Nous serions dans un immeuble open-spacé, vous auriez vite compris que mon mari et moi-même ne souhaitons n’avoir aucun contact avec vous. Pour être honnête, vous nous êtes autant désagréable à l’oeil, qu’au nez et qu’à l’oreille (heureusement que les relations de voisinage ne nous obligent pas à vous toucher et à vous goûter). Dès que vous apparaissez dans les lieux communs, trois de mes sens sont en alerte, je planque mes enfants dans les moindres recoins de la maison pour qu’ils ne soient pas à votre portée et je tente d’abréger mes souffrances en invoquant les choux dans un four ou un four dans les choux. Oui, nous devrions vivre ensemble que vous auriez vite compris que je ne partage pas vos opinions sur la dégradation des rapports humains liée au mélange culturel, ni vos propos calomnieux sur vos voisins directs.

Il y a là une injustice flagrante de savoir que vous habitez juste au-dessus de chez moi, donc plus près du ciel que je ne le suis et une preuve tangible que l’ascenseur social comporte bien des anomalies. Le monde serait plus juste qu’il vous ferait vivre dans la cave.

Voyez voisins, je m’inquiète à votre sujet (à tel point que ça m’empêche de travailler)

Néanmoins, dans un souci d’égalité et parce que les murs ont deux côtés et donc qu’ils sont porteurs aussi bien de vos activités que des miennes, je me dois de vous expliquer également mes propres signaux. Si je ris, c’est parce que je me relis. Si mon fils se jette avec fracas par terre tout en tapant des pieds et des poings, c’est parce qu’il se débat dans un conflit intérieur entre autonomie (quand j’ouvre le bouchon de sa compote à sa place) et dépendance (quand je lui suggère de se brosser les dents avec ses propres mains). Enfin si ma fille vous réveille à six heures, c’est uniquement dans le but de vous faire partager cet instant de plénitude qu’est l’aube, ce moment délicat pendant lequel les autres dorment encore et où tout est silencieux. Si elle fait du bruit, c’est uniquement pour que vous ne ratiez pas ce silence.

Je conclurais par ce proverbe :

On voit la paille dans l’oeil du voisin, mais pas la poutre dans le sien

Je me permets de douter d’une telle affirmation sachant que je suis de petite nature et qu’un tel objet dans mon orbite oculaire me procurerait sans doute une réelle souffrance.

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4 commentaires leave one →
  1. janvier 24, 2013 9:54

    Ah les voisins, toujours une histoire d’amour !

  2. janvier 24, 2013 10:00

    @Marcelle
    Et comme on le sait, elles finissent toujours mal !

  3. janvier 24, 2013 11:07

    Les miens ont l’avantage de ne pas faire de bruit. J’entends essentiellement les éternuements. Bizarre comment fonctionne l’insonorisation, hein ?

  4. electromenagere permalink*
    janvier 24, 2013 11:11

    @La vie presque en rose
    Oh moi tu sais je n’y entends rien à l’insonorisation !

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