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En pleine migration (comme les oiseaux)


http://demeninges.blogspot.fr/

La mère, grande perdante de la vie

octobre 2, 2012

J’ai toujours été bonne joueuse.

…Sauf une fois. Un jour, je devais avoir 2 ou 3 ans (si je me souviens bien), je me vantais d’être imbattable au Cluedo même si dans le fond ce n’était pas de la vantardise, c’était la stricte vérité. Mes camarades, un peu vexés de voir autant d’assurance naturelle chez quelqu’un qui avait déjà reçu la beauté en cadeau, ont donc décidé de me jouer un tour et de regarder d’avance les réponses afin de me couper l’herbe sous le pied (Mathilde et Charlotte, avec un sécateur, dans le jardin). A cause de cette expérience traumatisante, j’ai abandonné l’idée de devenir plus tard Madame Maigret. En tout cas, dans mes souvenirs, c’est un peu l’exception qui confirme la règle du jeu.

Hormis cet épisode donc, je n’ai aucun souci avec la défaite, à condition qu’elle soit loyale, à la régulière. En tant que mère, j’ai bon à 50 %. « Aucun souci avec la défaite« , OK c’est bon, ça passe, « à condition qu’elle soit régulière« , mauvais plan !

Une mère doit perdre, tout le temps, à tous les jeux.

Au départ, quand on commence à pouvoir  jouer à des jeux de société avec ses enfants, on exprime mentalement une note d’intention : je ne vais pas faire semblant de perdre parce que c’est lui donner une fausse image de la vie, et qu’il doit pouvoir accepter la défait et même en sortir grandi, et ainsi il comprendra que pour gagner il faut s’entraîner et travailler dur…..
Après deux, trois jeux avec ses enfants, on finit par chercher sur Internet comment perdre à coup sûr au jeu de morpion. Et la note d’intention se retrouve bien planquée au fond du cerveau, au même endroit que les notes d’intention « Je lui apprendrai à ranger sa chambre lui-même » et « Jamais je ne lui achèterai les bonbons aux caisses ».

Un exemple parmi d’autres. Ma mère a offert à ma fille un jeu de mikado pour son anniversaire (ou juste pour être cruelle avec moi, j’hésite encore).

Et en plus, il parait que c’est une invention de moine boudhiste !

Je vous explique brièvement comment jouer au mikado avec un enfant de 6 ans.
1. Entraînez-vous à faire comme si vous aviez la maladie de Parkinson.
2. On ne suggère pas à son enfant de retirer ses moufles avant de jouer, c’est malpoli de votre part de vouloir lui faire remarquer quelque chose qu’il aurait pu déduire de lui-même.
3. Même si vous avez reçu quatre baguettes dans l’oeil quand il a voulu en retirer une du jeu, vous ne lui dites pas qu’il a bougé.
4. Attention tout de même à parfois dire qu’il a bougé sinon il sentira le piège. L’enfant veut vraiment gagner à la loyale, enfin du moins selon sa conception de la loyauté.
5. Attention bis, il faut également veiller à ce que vous lui laissiez la main quand arrive le moment, juste avant la fin, où le tas de baguettes est facile à prendre de façon à être sûr qu’il ait plus de baguettes que vous.
6. Ne vous montrez pas trop nerveux quand il faut compter les baguettes et que vous ne savez pas encore s’il a gagné ou pas. Si votre enfant n’est pas très fort en calcul, essayez de faire croire que vous avez moins de baguettes que lui ou essayez d’en faire discrètement manger à votre chien.

Si malgré tous ces conseils, vous avez tout de même gagné, précipitez-vous dans votre chambre et portez un casque à vos oreilles avec du Polnareff à fond.

Mikado, la petite faiblesse qui vous perdra.

A force on prend de mauvaises habitudes, et quand on me propose une partie de Trivial Pursuit entre adultes, je finis par ne PAS donner la réponse pour ne pas vexer les autres joueurs. Quand je reprends mes esprits et que j’annonce « Je le savais !« , personne ne me croit bizarrement. Le pire, c’est que si votre enfant assiste à la scène, il vous regardera du genre « ma mère me fout trop la honte, elle sait pas gagner » alors que c’est à cause de toutes ces années de pression psychologique que vous vous êtes mise dans cette situation d’éternelle looseuse.

Comme les féministes le font souvent remarquer, les femmes ont tendance à se dénigrer, à ne pas mettre en avant leurs compétences mais en tant que mères, on a plus souvent l’occasion de taire ses instincts guerriers que l’inverse (excepté le 1er jour des soldes pour trouver des bodys taille 6 mois mais c’est une autre histoire).

Voilà donc ce qu’a gagné la société à créer des jeux de société.

A défaut, un chouette blog à découvrir en cliquant au-dessus !

La théorie du bolduc manquant

octobre 1, 2012
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Je ne suis pas partisane du « C’était mieux avant » surtout depuis qu’on a réussi à transformer les spéculoos en pâte à tartiner. Et les collants ventre plat (parce que l’un sans l’autre ne ferait pas un monde parfait).

D’un autre côté, je regrette que certaines choses aient disparu comme les berlingots de lait concentré sucré. Et Garcimore. Et si vous n’avez jamais pu regarder Garcimore tout en suçant un berlingot de lait concentré sucré, vous avez un peu rater votre vie (Paf ! Dans ta face, le jeune !)

D’une façon générale, j’ai fait le deuil de ces choses aujourd’hui disparues mais certaines ont encore du mal à passer.

Par exemple, j’ai encore du mal à ne pas être nostalgique de l’époque où je n’avais pas de ventre. Comme quoi, on peut regretter quelque chose qui n’existait pas (je viens de toucher du bout de l’ongle Hegel).

A ce propos, ma fille de 6 ans m’a annoncé cette semaine qu’elle ne m’en voudrait pas si je perdais mon ventre. Sur quoi je lui ai répondu que c’était étrange parce que moi je lui en voulais de me l’avoir donné et qu’au vu de nos connaissances actuelles sur la génétique, il y avait tout lieu de penser qu’elle se prendrait la même remarque désobligeante de la part de son enfant.

Fin de la digression sur la mauvaise foi des enfants.

En plus de mon ventre, ou plutôt de l’absence de ventre, je n’arrive toujours pas à encaisser la fin du bolduc. Bon évidemment le bolduc partait avec un sacré désavantage dans la vie. Quelle idée de s’appeler Bolduc ? C’est quand même le seul mot de la langue française à pouvoir rimer avec Trouduc.

Mis à part cette absurdité patronymique, je regrette le bolduc, je regrette ce temps où les vendeuses prenaient le temps de faire de jolis paquets cadeaux et nous de se dire qu’on en avait pour notre argent. Je regrette le temps où à Noël, les paquets avaient de l’allure alors qu’aujourd’hui on a l’impression que c’est le tri postal sous le sapin.

En plus d’avoir ruiné les fabricants de bolduc, les magasins ont inventé ce concept génial de « Fais tes paquets toi-même » comme si on avait tous hérité du don d’emballage. Quand il s’agit d’offrir un livre, ça peut encore passer mais j’ai déjà vu des parents craquer nerveusement quand il s’agissait d’emballer une trottinette ou un ballon de foot.

Militons donc pour le retour des paquets joliment emballés, pour le retour du bolduc et pour le retour de mon ventre que je n’avais pas !

Pourquoi ce sera toujours de ma faute

septembre 26, 2012

Avec les enfants, rien n’est jamais gagné d’avance. A la manière des vases communicants, un problème d’enfant est-il à peine résolu qu’automatiquement un nouveau souci fait son apparition. Pourquoi a t-il décidé, du jour au lendemain, que la peau du poulet est plus néfaste qu’un disque de Lagaff’ ? Mystère …

Un problème d’enfant n’est jamais un problème enfantin.

Quand il s’agit de poser des questions, les enfants son plus coriaces qu’un journaliste en manque de scoop. Sans compter qu’ils ne redoutent jamais la question qui fâche comme « Maman, pourquoi t’as un gros bouton sur le menton ?« .
Ca, pour poser des questions, ils sont fortiches mais quand il s’agit de répondre aux nôtres, bizarrement vous redevenez nullipare (comprenez, il n’y a plus personne).

Et quand on les presse pour obtenir autre chose qu’un « Je ne sais pas« , ils se mettent à pleurer ce qui fait de nous des injustes tortionnaires.

J’ai vécu l’expérience récemment avec ma fille qui rentrait au CP. Alors que la maternelle se passait sans problème, l’entrée au CP s’est transformée en épreuve de force. Chaque matin, il fallait la laisser en panique et pleurs dans la cour de son école mais le soir venu, lorsque je tentais de comprendre ce malaise, je n’obtenais que des réponses vagues et un désintérêt total.

C’est là que le cerveau détraqué de mère se met en route : on se dit qu’on a du louper quelque chose, un évènement mal maîtrisé. Pire, que si l’enfant n’arrive pas à exprimer verbalement son problème, c’est qu’il est bien plus grave qu’on imaginait. En y repensant, l’ATSEM de GS n’avait-il pas un regard pervers ou peut-être est-ce ce pigeon mort rencontré sur le chemin de l’école le mardi 13 octobre 2010 ? Et peut-être même que le pigeon mort avait le même regard que l’ATSEM.

Les interroger est peine perdue et puis, au fond de nous, on connait déjà le coupable. Si les enfants étaient réellement honnêtes, ils auraient le courage de nous dénoncer avant que l’on s’épuise moralement à faire notre auto-critique.

Lorsque cet épisode malheureux d’école est survenu, on m’a parlé de la peur de la séparation, sous-entendu qu’elle était de mon fait et que l’enfant ressentait ma propre peur. Etant donné que je danse le sirtaki tous les matins en quittant ma progéniture, je ne comprenais vraiment pas pourquoi ça pourrait être de ma faute.

On leur offre la vie, la plus belle chose qui soit, et en échange on reçoit un sentiment de culpabilité permanent et plus qu’angoissant. C’est comme si, invités chez des amis, on arrivait avec un joli bouquet et que la maîtresse de maison nous les jetait à la figure avant de nous claquer la porte au nez.

A part ça, c’est chouette d’avoir des enfants.

Vous êtes arrivés au 36ème étage (du dessous)

septembre 24, 2012

En bonne nullipare, soucieuse de votre santé et de votre ligne, vous n’empruntez que rarement l’ascenseur à moins d’aller à un cocktail dînatoire en haut de la tour Eiffel ou de visiter l’Empire State Building (ce qui prouve bien, vu vos activités, que vous êtes une vraie nullipare).

Je dois donc vous avertir que devenir mère, c’est aussi apprendre à utiliser l’ascenseur (et là, toutes les déjà mères ricanent alors que celles qui ne le sont pas encore se demandent bien où je veux en venir).

On partage l’idée qu’un ascenseur est destiné à améliorer notre vie d’être civilisé qui ne pouvait pas se permettre d’acheter un écran plat de 140 cm tout en habitant au 8ème étage. Grâce à l’ascenseur, cet épineux problème a pu effectivement être résolu.

Dans mon cas, étant toujours en possession d’un télé cathodique, cet argument me laisse quelque peu de marbre et ce d’autant plus que j’ai deux enfants qui font justement moins de 140 cm et qu’il est impossible d’y regarder une bonne série américaine au travers.

A peine sortis de la maternité, vous serez en tant que nouveaux parents de nouveaux adeptes de l’ascenseur puisque le pédiatre vous déconseillera fortement de tester la descente d’escalier en poussette. Vous vous dire que c’est pas con, que tant qu’a faire puisque le budget de la télé de 140 cm de largeur va de toute façons passer dans les couches, autant utiliser cet outil formidable qu’est l’ascenseur.

C’est à ce moment qu’on sortira les chiffres. D’après la Fédération des indépendants experts et bureaux de contrôle ascenseurs,  sur 450 000 ascenseurs en 2010, 50 % des avaient plus de 25 ans d’âge. Dommage, à cette époque, on avait manifestement pas encore inventé l’obésité (justement parce qu’il n’y avait pas d’ascenseurs ?) ni le concept de poules élevés en plein air alors, on ne voyait donc pas l’utilité d’ascenseurs XXL.

Manifestement peu d’entre nous y pensent lorsqu’il s’agit d’acheter la poussette dernier cri baroudeur trois roues tout terrain. Ce n’est qu’un fois qu’on tente de résoudre le problème géométrique de faire rentrer cette poussette dans un ascenseur datant de Mathusalem qu’on a des envies de retourner en magasin en hurlant à la vendeuse « AH OUAIS ! TOUT TERRAIN ? »

Je me revois encore me demandant jusqu’à quel étage j’allais pouvoir tenir avec l’une des poignées de la poussette s’enfonçant toujours un peu plus dans mon estomac pendant que bébé incliné voyait dangereusement le sol se rapprocher. Et encore, à ce moment là, vous êtes pratiquement au bout de vos peines puisque cela implique que vous avez déjà réussi à rentrer dans l’ascenseur ce qui est un exploit quand on a une poussette et que deux mains.

Merci mon Dieu, l’ascenseur est en panne !

Ne croyez pas pour autant que l’ascenseur redeviendra votre meilleur ami une fois que votre enfant sera capable de marcher seul. Pour vous rassurer, je peux même vous dire : en fait, ce sera pire.

Pour un enfant, l’ascenseur est un jouet géant, une sorte de manège pour lequel on n’est même pas obligé de supplier les parents.

D’abord il y a l’appel de l’ascenseur. Vous pouvez encore vous en tirer à bon compte si vous n’avez qu’un enfant. Au delà d’un, ça deviendra comme une mise à l’épreuve de votre mémoire : il va falloir se rappeler quel est le dernier enfant qui a eu le privilège d’appeler l’ascenseur sous peine de devoir aller chez le pédopsychologue parce que le petit dernier se sent mal aimé. Et n’essayez même pas de tenter la dictature en déclarant que VOUS allez appeler l’ascenseur parce qu’ils se jetteront par terre en hurlant que vous êtes méchant, méchant, méchant ! (pendant ce temps-là les portes de l’ascenseur se refermeront vous laissant seuls dans un champ de bataille).

Si vous finissez par rentrer dedans tant bien que mal, ne vous inquiétez pas. Ils restent encore des tas de petits boutons qui pourront contenter vos enfants dont la bonne humeur est parfois inversement proportionnelle à la vôtre (vous avez remarqué ?)

Et finalement c’est là que je veux en venir, il y a un bouton, un seul bouton qui les rend complètement hystériques dès qu’il l’aperçoive. Il faut dire que par rapport aux autres tout bêtement gris, il a une couleur délicieuse de jaune soleil.  Il faut dire que par rapport aux autres tout bêtement chiffrés, il a un joli dessin de cloche.

Tant qu’on y est, pourquoi ne pas y mettre la tête de Oui-Oui et lui faire dire « Hé tu viens jouer avec moi ? » tout en clignotant ?

Joue-la comme Bejo

mai 22, 2012

Ceci est une histoire de femmes.

Il y a peu, j’ai entendu Sophia Aram, en présence d’Aurélie Filippetti, dénoncer les propos de Bérénice Bejo consistant à démontrer pourquoi il valait mieux une femme qu’un homme en tant que maîtresse de cérémonie .

Depuis j’ai écouté, et ré-écouté les explications de Bérénice

Aussi claire que la procédure pour desimlocker son téléphone portable.

J’ai trouvé injuste que Sophia s’en prenne ainsi à Bérénice alors que ça tombait sous le bon sens, ça tombait même bien en-dessous.

D’abord il y a l’intervention sur la maîtresse de cérémonie. Un petit bémol cependant car, si je me souviens bien, on ne doit plus dire maîtresse mais professeure des écoles. L’intervention donc, sur la professeure des écoles de cérémonie qui selon Bérénice est un travail plutôt féminin, non pas parce qu’elle sait où sont rangées les palmes, mais parce que « les gens veulent voir sortir une jolie petite princesse« .

Après avoir passé mon week-end à chercher avec ma soeur sur Google « Fashion faux pas Cannes 2012 », « Fashion police Cannes 2012 » ainsi que « Les pires robes de Cannes 2012 », je dois dire que Bérénice nous surestime beaucoup.

En réalité les gens ne veulent pas voir sortir une jolie petite princesse mais plutôt sortir une princesse qui même avec son argent n’a pas réussi à s’acheter le bon goût.

Impossible à vrai dire de me souvenir de la robe de Bérénice, par contre la coiffure et la tenue de Elena ont rendu mon dimanche bien plus agréable.

Peut être suis-je au fond méchante, même si Bérénice est persuadée du contraire. En soutenant qu’il y a plus d’infirmières que d’infirmiers parce que les femmes sont plus douces et maternelles, Bérénice a ouvert la voie à une nouvelle explication du monde.

Au début, j’avoue que j’ai eu un peu de mal à comprendre le rapport entre le métier d’infirmière et la maternité vu que je n’ai jamais posé de perfusion à mon fils, ni prélevé moi-même le sang de ma fille. Je dois être une mauvais mère en fait. Après j’ai compris que cette façon de penser était bien pratique car elle permettait de faire l’impasse sur toutes les raisons sociologiques, historiques et autres savoirs qu’il faut trouver dans des trucs chiants à lire ou à écouter.

Maintenant, je me la joue comme Bejo.

S’il y a plus de femmes que d’hommes avec des soutien-gorges, c’est parce que les femmes sont plus coquettes.
S’il y a plus de femmes que d’hommes victimes de violence conjugale, c’est parce que les femmes sont plus expertes en maquillage de camouflage.
S’il y a plus de caissières que de caissiers, c’est parce que les femmes savent faire la différence entre une courgette et un concombre.
S’il y a plus de femmes que d’hommes au chômage, c’est parce que le nail art.

Par contre je n’ai trouvé aucune explication bejoienne possible sur le fait qu’il y ait plus de femmes que d’hommes aux péages d’autoroutes. Une bizarrerie de la nature sans doute.

Quand je rentre chez moi

mai 11, 2012

  • Je continue à appeler cela « Chez moi » alors que j’ai quitté l’endroit il y a près de 20 ans et que mon véritable chez moi se situe à 800 km de là.
  • J’emprunte la voiture super puissante de Papa pour frimer sur la plage/grand place 
  • J’écoute les radios locales comme quand j’allais en discothèque
  • J’aime pas la nouvelle couleur des bus de la ville et je le dis, tout le monde s’en fout.
  • Je prends des sens interdits parce qu’à l’époque ils n’étaient pas interdits.
  • Je vais à la banque parce que je n’ai jamais réussi à transférer mon compte
  • Je vais chez H&M, Zara, Mango et Cie parce qu’ici « C’est génial, y’a personne ! Tu verrais chez moi, y’a 3 kilomètres de queue à la caisse, c’est l’enfer !« 
  • Quand je dis « Oh tiens! C’est nouveau ?« , on me répond que c’est là depuis deux ans.
  • Je sors toujours bien habillée, coiffée, maquillée pour bien montrer que je suis partie d’ici pour réussir …
  • …et de remarquer que les gens d’ici ne sont pas bien coiffés, maquillés, habillés parce qu’ils sont restés ici.
  • Je ne peux pas m’empêcher de passer devant mon ancien lycée
  • En centre-ville j’ai toujours le coeur serré à l’idée de rencontrer mon premier amour.
  • Quand je donne rendez-vous à des amis à un café, on me répond que  le dit café a fermé ses portes il y a trois ans.
  • Quand je demande à ma mère un vieux truc à moi, elle me répond toujours qu’elle l’a jeté.
  • Je repars avec des spécialités culinaires que je ne trouve pas dans mon nouveau chez moi.
  • Je déprime un peu.
  • Je me dis que j’aurais peut être du rester ici, rien que pour le baby-sitting des grands-parents.
  • Je saoule mes enfants à aller voir des lieux de mon enfance.
  • J’exige mon plat préféré.
  • Je dis « Je veux pas être chiante mais il fait plus beau chez moi« 
En réalité, je suis très chiante et c’est toujours comme ça, quand je rentre Chez Moi.

My Little Box à chaussures

mai 7, 2012

Conversation d’un soir au coin du radiateur (parce qu’on a pas de cheminée)

– Oh Chéri ! tu devineras jamais où a vécu Marvin Gaye en 81 ?
– A Oostende

C’est nul d’avoir un mari qui sait tout, sauf quand on joue en équipe à Trivial Pursuit. Parfois j’aimerais qu’il soit un peu plus idiot pour paraître un peu moins inculte.

– Oh Chéri ! Tu devineras jamais où à vécu Marvin Gaye en 81 ?
–  C’est qui ce mec avec un nom d’homo ? 

Réflexion faite, je le garde, aussi cultivé soit-il. Et puis parfois il me surprend car même très intelligent, il me pose toujours cette même question qui engendre toujours la même réponse (depuis le temps, il devrait le savoir).

Tu veux la garder cette boite ?

Alors voyons, comme dirait ma grand-mère, ma mère, ma belle-mère, ma soeur, ma fille, mes copines, mes collègues de bureau et même mon inspectrice des impôts, je réponds :

Oui, ça peut toujours servir !

Le problème étant qu’on sait pas véritablement à quoi ça peut servir mais qu’on est trop paniqué à l’idée qu’un jour on pourrait avoir besoin d’une boîte et qu’on en aurait pas une sous la main. Ce jour-là on pourrait dire :

Je l’avais bien dit que ça pourrait servir !

Et c’est là qu’on se rend compte qu’en fait l’homme est très malin parce qu’il ne pose jamais la question de savoir à quoi ça pourrait nous servir, que l’armoire du couloir est plein de boîtes vides et que le jour où on se met au DIY il sera sans doute capable de courir le 100 mètre en moins de 10 secondes. Au lieu de ça, il nous demande avec moult précautions si on veut garder cette boîte.

Cette question vaut toutes les déclarations d’amour.

Mais ne soyons pas pessimistes, car il existe effectivement un monde où les boîtes vides peuvent servir et rompre cette spirale infernale. Prenons exemple avec les boîtes de My Little Box, ces boîtes beauté que l’on reçoit tous les mois remplies de produits de beauté. Impossible de les jeter car elles sont plutôt solides et jolies mais en vrai, à quoi elles pouvaient – vraiment –  me servir ?

J’avais bien remarqué qu’avec des boîtes vides, on pouvait faire une jolie armoire  de chaussures mais avec ma taille 41, impossible de faire rentrer mes souliers alors, avec toute l’abnégation possible d’une mère, j’ai légué cette boîtes vides à ma fille pour qu’elle fasse son propre dressing à chaussures.

little box chaussure enfant

Interdit aux pointures de plus de 30, ces rangements de chaussures sont très simples à réaliser : il suffit d’un Smartphone, d’une application pour créer des photos style Polaroïd, d’une imprimante, d’un peu de scotch et on transforme sa fille en petite princesse.

my little box chaussures etagere

En tout cas, pour elle c’est déjà foutu. Quand son futur mari lui demandera si on garde la boîte, je sais d’avance ce qu’elle répondra.

my little box chaussures empilement