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Emma aima beaucoup (mais mal)

mars 26, 2009

Hier j’ai lu un livre, ça s’appelle « Contre-Enquête sur la Mort d’Emma Bovary ».


Rarement un titre de livre ne m’avait paru aussi effrayant, à part peut être « Mon jardin très secret » de Lova Moor ou « Jet-Set : Mémoires d’un play-boy international » de Massimo Gargia. Rarement un bandeau rouge, sur lequel est inscrit « Qui a tué Emma Bovary », ne m’avait autant découragé. Hein ? Quoi ? Mais c’est Flaubert qu’on assassine ! Du moins Emma, mais c’est tout comme.

J’avoue, j’ai eu très peur.

J’ai immédiatement pensé à ces devoirs de français qui imposaient de trouver une suite à l’histoire. Un exercice de collégien en quelque sorte et un roman « policier » qui commence comme un crime de lèse-majesté en touchant à l’une des héroïnes les plus sacrées de la littérature française. Entre le livre et moi, un fossé d’incompréhension se creusait avant même que la première page ne soit tournée. Et dans le fossé, le cadavre livide d’Emma.

Sauf que …

Ah j’avoue ! Je suis tombée les deux pieds dedans, et non pas devant comme Emma. A tel point que je me suis laissée prendre au piège, vérifiant sur Internet si Mme Bovary avait réellement existé. Quel farceur ce Doumenc !

Et c’est bien d’une farce qu’il s’agit justement. Ne vous attendez pas à lire un polar où vous risqueriez d’être désappointé par la fin un peu abracadantesque. L’assassinat présumée d’Emma Bovary n’étant dans le fond qu’un prétexte à l’amusement. Lorsque l’on maîtrise un sujet, l’on peut se permettre de prendre quelques libertés avec. Philippe Doumenc maîtrise Emma d’une érudition charmante sans jamais être assommante et c’est bien pour cette raison qu’il s’autorise quelques largesses qui pourraient choquer certains mais qui ont permis à mes muscles zygomatiques de se détendre.

Quand on décide de reprendre à sa sauce un chef d’oeuvre, il ne faut pas se prendre trop au sérieux, ce serait comme vouloir sauter à cloche-pied le long d’un précipice, beaucoup trop dangereux. Non la seule façon honorable de s’en sortir, c’est de se moquer et d’en rajouter une couche. Et quelle couche !

Je ne dévoilerais rien, par respect pour les futurs lecteurs mais la postface, croyez-moi, vaut son pesant d’arsenic et corrobore finalement ce que j’ai écrit plus haut : Hein ? Quoi ? Mais c’est Flaubert qu’on assassine en fait !

Maintenant j’attends la suite : quel est le fils de salaud qui a tué Roméo et Juliette  ?

Quant au style, un mot quand même : « a l’arrogance et l’espièglerie des élèves brillants »

Cette critique de livre a été rédigée dans le cadre du Prix Littéraire des blogueurs George Sand

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23 commentaires leave one →
  1. mars 26, 2009 7:58

    Sympa ce debrief ! en effet je n’aurais pas soé l’acheter, maintenant oui !

  2. mars 26, 2009 8:02

    osé il faut lire osé….

  3. mars 26, 2009 8:06

    Je note cette lecture pour mon prochain voyage dans le Suisse profonde, chez môman, quoi.

    Tu m’en veux pas si je ne note pas ceux de Lova Moor et Massimo Gargia, hein.

  4. mars 26, 2009 9:15

    le titre fait peur, tu le dis si bien … quelle plume tu as ! un régal … et du coup hop ça donne juste envie d’un bon livre plaid fourrire au coin du feu, si un jour je tombe sur l’ ouvrage j’aurais une pensée vers ton extravagante critique littéraire .
    Ah, Dieu aime les blogeuses aussi ! belle journée à toi

  5. mars 26, 2009 10:36

    marrant, je suis en train de relire tout Flaubert et après L’éducation je suis en plein dans Emma Bovary.
    Ca tombe à point. Je le lis juste après ou pas alors?

    ps : Merde c’est hyper mauvais pour ma réput de blogueuse ça.
    Nan en fait je me mate la starac, euh la nouvelle star en ce moment 😉

  6. missbrownie permalink
    mars 26, 2009 10:40

    Cette lecture a l’air très spéciale quand même … pas sûr que j’aimerai…

  7. mars 26, 2009 11:01

    Merde, Emma Bovary est morte !!

  8. electromenagere permalink*
    mars 26, 2009 11:37

    @Evy : si on me l’avait pas imposé, jamais je n’aurais eu le moindre regard pour ce livre. Bonne surprise donc.

    @Angie : si je t’en veux. Faut ouvrir son horizon à tout. 😀

    @Kalor : mais que d’éloges, je rougis là 🙂

    @miss400 : je te déconseille de le lire après, tu seras trop attachée à Emma et Doumenc lui fait avaler des couleuvres (pas étonnant qu’elle vomisse). Après tout dépend, tu peux aussi n’avoir aucun égard pour les personnages de roman et dans ce cas tu apprécieras le livre.

    @missbrownie : spéciale, pas tant que ça. On va dire que ça change. Mais le style est vraiment très appréciable. Je ne crie pas au chef d’oeuvre mais j’ai passé un bon moment.

    @mamzellescarlett : oui je sais. Anna Karenine aussi d’ailleurs. Parait qu’elle a forcé un passage à niveau (ou un truc dans le genre)

  9. mars 26, 2009 12:19

    J’ai hâte de le lire celui-là ! belle critique, drôle et alléchante ! Au prochain !!!

  10. mars 26, 2009 12:34

    Très original ce thème..
    Personnellement, je voudrais bien savoir qui a flingué la Dame aux Camélia.
    On me dit que c’est un tueur tchètchène du nom de Tuberculose, mais j’ai du mal à croire cette hypothèse..

  11. mars 26, 2009 1:38

    Belle critique qui donne très envie de le découvrir.

  12. mars 26, 2009 4:51

    « quel est le fils de salaud qui a tué Roméo et Juliette ? » ahaha je suis pliée devant mon ordi ! Je l’étudie en littérature cette année.
    Bon ben tu sais quoi ? Je crois que t’es devenue ma muse d’inspiration de billets de blog.

  13. electromenagere permalink*
    mars 26, 2009 5:33

    @george sand : je crois que tu vas bien t’amuser, sauf si tu comptes sur un truc logique. Moi j’ai pris le parti après la lecture de le prendre en dérision et je l’ai compris comme ça. Après j’espère que l’écrivain a bien voulu lui donner ce sens là et non une vraie enquête policière sinon ça ne tient pas debout !

    @Emanu : attends c’était pas plutôt un Grec, un certain Phtisie ? 😀

    @Firemaman : merci ! j’espère que tu ne seras pas déçue si tu le lis 😉

    @Touwity : Bon ben je suis très flattée dis donc ! 😀

  14. mars 26, 2009 6:14

    Mouais, un jour promis, mais pas tout de suite.

  15. mars 26, 2009 7:38

    Tu as attisé ma curiosité . Je vais me le faire !
    La couverture me plait beaucoup . Aurais-tu le nom du peintre s’il te plait ?

  16. mars 26, 2009 7:40

    Je cherche à qui tu fais référence dans le titre . J’ai entendu ou lu ce truc il y a peu .

  17. mars 26, 2009 9:57

    Faut que vous arrêtiez de faire des critiques littéraires qui me plaisent car je commence à avoir une liste longue comme le bras, et je n’arrive pas à suivre le rythme!
    Mais bon, je prends quand même 😉

  18. electromenagere permalink*
    mars 27, 2009 6:59

    @Angie : j’attends ta critique alors 😉

    @Frannso : La couverture est un détail de La Somnolente de Friedrich von Amerling 🙂
    Pour le titre, aucune référence, juste un jeu de mots minable entre Emma et aima 😀

    @Malira : t’aurais du participer au jury du prix littéraire si tu commences à lire toutes les critiques que je fais 😉

  19. mars 27, 2009 8:06

    Mouais, je pourrais te prendre au mot.

    Et dans la foulée, j’achète aussi le bouquin de Greg le Millionnaire et Loana. Et je te fais un truc mais truc.

    Un truc quoi.

  20. electromenagere permalink*
    mars 27, 2009 11:24

    @Angie : je pense que ça cartonnerait moi mais quel sacrifice par contre !

  21. mars 29, 2009 8:58

    attachée à Emma? si elle ne s’était pas fait pété la panse à l’arsenic, je pense que je l’aurais étranglée tu veux dire.
    Soyons sérieux.
    Emma est une idiote, incapable de démêler le bling-bling de façade de l’aristicratie de province aperçue à un bal, les amours passionnées découverte dans les livres et fantasmées, des rapports hommes-femmes de la vraie vie.
    C’est une épouse abjecte, qui abuse son mari fiancièrement, sentimentalement et sexuellement sans l’ombre d’un remord toute sa vie.
    C’est une écervelée et une inculte, infoutue de mesurer la capacité financière de son ménage et de faire une addition à deux chiffres.
    C’est une mère indigne enfin, qui jamais ne s’interesse à sa fille sauf très momentanément de façon ostentatoire pour se faire valoir auprès de ses amants potentiels, ou comme mesure de rédemption de sa mauvaise conduite perpétuelle, et qui se moque de son avenir et de son éducation comme de sa première chemise.
    Emma est une héroïne détestable, elle peut bien crever.
    Je vais lire le livre 😉

  22. avril 15, 2009 3:13

    Voilà, j’ai enfin pu lire ta critique (je les lis pas avant d’avoir lu le bouquin moi-même)… Y’a une constance sur le mauvais souvenir d’école, et la bonne surprise, avec ce roman !

    C’est vrai qu’il maîtrise drôlement son sujet, le Doumenc (j’ose pas imaginer le travail préparatoire !) mais que ce n’est pas du tout scolaire : la grâce des danseurs qui bossent comme des malades, mais qui sourient sur scène… !

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  1. Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary de Philippe Doumenc « Je Lis, Tu Lis, Il Lit

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